Le jeudi 15 janvier s’est tenue une première réunion du comité technique réformant la surveillance. Elle signe une régression sociale majeure et inédite pour les surveillants. Elle fait aussi courir un immense risque à l’ensemble du personnel en créant un précédent fâcheux.
- Baisse des grilles indiciaires : du jamais vu !
La Présidente de l’Assemblée nationale l’a réaffirmé : nous sommes une fonction publique extraordinaire. Et parmi nous, les surveillants du Palais, qui ont un des rythmes de travail parmi les plus difficiles, doivent être prêts à faire face à des menaces extrêmes, comme a pu le montrer l’invasion du Capitole aux États-Unis.
Ajoutons que, comme dans tous les services, leur charge de travail s’accroît, et qu’ils ont d’ailleurs été amenés à monter en compétence et à maîtriser de nouveaux outils (Hypervision par exemple) pour relever les nouveaux défis en matière de sécurité et de sûreté. C’est d’ailleurs pour cela que les épreuves du concours envisagé pour la fin d’année visent un niveau de recrutement extrêmement élevé eu égard à leur difficulté.
Toutes les conditions étaient donc réunies pour que leur investissement total soit reconnu et valorisé. Et pourtant…
Le premier texte sur lequel les syndicats ont été consultés en 2026 prévoit d’abaisser la grille des futurs entrants dans le corps ! La modalité : l’intégration des futurs surveillants dans le corps des agents comme filière spécialisée, au prétexte « d’enrichir » (sic.) leurs carrières en leur permettant de devenir des agents généralistes au bout de 12 ans.
Très concrètement, nos futurs collègues seront moins payés que leurs pairs de près de 300 € ! Ils auront une pension de retraite plus basse. Leur déroulé de carrière sera plus lent. La diminution des bases de cotisation aggravera le déficit des régimes autonomes de retraite et de Sécurité sociale déjà en péril.
Les futurs surveillants seront-ils moins méritants que leurs prédécesseurs ? Nous avons besoin de clarté pour comprendre ! Nous ne voyons à un tel nivellement par le bas qu’ingratitude, mépris et injustice !
La réforme prévoit aussi un concours de 15 places, inscrit dans un objectif de création de 17 postes au total, en vue de reprendre la mission « rayons X » actuellement confiée à la Garde républicaine. L’emploi des surveillants contractuels ne devrait donc pas être directement menacé.
Cependant, puisque le nombre de bâtiments à surveiller sera plus important, il est déjà certain que l’effectif recruté par concours sera insuffisant. Les concours sont longs à organiser et coûteux ; le principe même de leur ouverture est précaire. De nouveaux CDD devront donc indéniablement être signés, alimentant la précarité dans un service où les contrats courts sont déjà la règle !
C’est évidemment une fragilisation supplémentaire du statut. C’est aussi un refus net des Questeures de résorber la précarité.
- Une autre réforme est possible !
Pendant deux ans, les Questeures ont échangé avec les syndicats sur l’attractivité de la fonction publique, la fidélisation du personnel et les conditions de travail. Deux ans, c’est long au regard de l’urgence de la situation sociale, unanimement pointée par les syndicats.
L’inacceptable réforme de la surveillance dessine-t-elle les orientations des Questeures pour les négociations à venir sur les carrières des fonctionnaires, la rémunération des contractuels et les concours réservés ? À la veille de négociations plus globales avec les syndicats, gager un concours externe nécessaire sur une baisse de grille prend des airs de provocation.
Si pour les Questeures la revalorisation des carrières passe par un abaissement des protections statutaires et des salaires, plus aucune discussion sérieuse ne peut avoir lieu. Nous ne sommes pas dans un roman de George Orwell : la régression n’est pas une amélioration !
Si les surveillants doivent être intégrés au corps des agents, cela ne peut être qu’en alignant la grille des agents sur celle des surveillants et en accélérant le déroulé de carrière des agents. Concrètement, cela signifie qu’il faut au moins accorder 17 points d’indice brut supplémentaires à tous les agents ! (cette grille devant aussi être prolongée jusqu’au bout de la carrière, et son injuste palier de début de carrière supprimé)
Pour enrichir la carrière des surveillants, les idées ne manquent pas. Créer 5 nouveaux grades de chefs de groupe et un nouveau grade de chef-adjoint en conséquence de la hausse des effectifs à court terme favoriserait assurément la promotion interne.
Créer les conditions de passerelles entre tous les corps de même niveau favoriserait aussi la mobilité et permettrait, après 12 années de service dans des conditions intenses, de pouvoir mieux concilier vie personnelle et professionnelle. Cela suppose de renforcer la formation professionnelle et de dissocier davantage le grade et l’emploi pour éviter les effets de bord.
- Agir maintenant pour véritablement négocier
Accepter de se laisser piétiner, c’est ouvrir la voie à de futures régressions pour toutes et tous. Fusionner deux grilles au moins disant, c’est inédit, tant à l’Assemblée nationale, que dans l’ensemble de la fonction publique. C’est une ATTAQUE SANS PRÉCÉDENT contre le statut !
Le SPAN-CGT l’a d’ores-et-déjà indiqué avec clarté, il s’opposera à cette réforme si le principe d’une fusion au moins disant est maintenu. Lors de la prochaine réunion du comité technique, il votera CONTRE la réforme soumis si aucun changement d’orientation n’est acté.
Il est temps d’arrêter de « saucissonner » les réformes pour faciliter les régressions, ou encore d’occuper l’ordre du jour avec des réformes délétères, comme celle de la déontologie qui doit être examinée en février, ou encore avec de nouveaux groupes de travail longs et… non conclusifs !
Le SPAN-CGT revendique l’ouverture immédiate de véritables négociations globales sur les salaires et les carrières ainsi que sur la réduction de la précarité du personnel contractuel. Les concours promis, externes, internes et réservés, doivent être actés formellement dès maintenant pour donner de la visibilité au personnel.
C’est maintenant que ça se joue :
rejoignez-nous !


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