Juin 19

Victoire aux catacombes : “nous faisons la démonstration à tous que par la grève, on peut gagner des avancées”!

Paris musée n’avait jamais plié, et pourtant…

Après sept semaines de grève, les employés des catacombes de Paris ont obtenu ce qu’ils demandaient. Le protocole de fin de conflit prévoit non seulement le triplement de la prime de pénibilité, mais aussi l’harmonisation par le haut des salaires de certains ex-vacataires. Six recrutements sont également programmés.

Réunis en AG, les salariés ont démocratiquement décidé d’un mouvement de grève pour se faire entendre face à une administration intransigeante. Et cela a prouvé son efficacité. Un bel exemple pour tous les personnels en lutte !

 

Ci-dessous le communiqué de presse de nos camarades victorieux :

 

COMMUNIQUE DES CATACOMBES EN GREVE : ET FINALEMENT LA VICTOIRE !

Vendredi 15 juin dans l’après-midi, le protocole de fin de conflit a été signé. Après la dernière réunion de négociations de jeudi, les propositions de la direction nous ont paru satisfaisantes.

Sur les questions salariales, nous obtenons le triplement de la prime de pénibilité et l’harmonisation par le haut des salaires des collègues ex-vacataires (qui touchaient jusqu’à présent 150 euros de moins chaque mois par rapport aux ex-contractuels).

Sur les questions, plus épineuses, d’effectifs, nous n’obtenons pas l’ensemble des recrutements que nous avions réclamés. Cependant nous arrachons 6 nouveaux postes, ce qui dans le contexte actuel et la politique vis-à-vis des recrutements de fonctionnaires constitue une avancée considérable.

C’est donc avec une énorme fierté que nous sortons du conflit.

Fierté car nous avons réussi par notre détermination à imposer nos demandes face à une administration (Paris Musées et derrière lui M. Julliard et Mme Hidalgo) qui jusqu’à présent n’avait jamais plié.

Fierté car nous faisons la démonstration à tous que par la grève, on peut gagner des avancées. Face aux organisations syndicales qui nous disaient que nous allions « dans le mur » et nous prophétisait “un non résultat”, qui nous conseillaient plutôt de retourner à la niche et d’attendre qu’ils règlent les problèmes pour nous, nous n’avons pas lâché le morceau et obtenons ce que jamais personne n’avait obtenu face à Paris Musées.

Fierté enfin car dans la situation actuelle, où on voudrait presque qu’on s’excuse de coûter un salaire aux entreprises et administrations, où les conditions de travail se dégradent partout, où le « dialogue social » se réduit de plus en plus à un « marche ou crève », nous avons montré qu’une poignée d’agents peut gagner un combat. Réunis dans un fonctionnement démocratique en assemblé générale, nous avons adopté une stratégie inhabituelle dans les musées de Paris : la grève reconductible illimitée jusqu’à satisfaction. C’est cette pression constante sur la direction qui nous a permis de gagner.

Nous remercions tous les soutiens qui nous ont appuyé au long de cette lutte, agents et des musées, postiers en grève, EJE en grève, cheminots en grève, syndicalistes des musées et de la Ville de Paris, habitants et militants du XIVe arrondissement, cataphiles, organisations politiques, élus, … spéciale dédicace à  nos camarades de L’EHESS la perche tendue et la caméra au poing. Leur aide militante, morale et financière nous a fait un grand bien et nous a aidé à croire en nos forces.

Nous soutenons les frères et sœurs de combat que nous avons rencontrés, ceux qui restent en lutte aujourd’hui où nous reprenons le travail : les grévistes de Vélib, les postiers du 92, les cheminots, les étudiants et lycéens…

Nous sommes à leur disposition pour la suite, et à celle de tous ceux qui souhaitent se battre pour défendre leurs droits ou en gagner de nouveaux, aussi bien à la Ville de Paris qu’ailleurs.

Matthieu Carrier

06.89.19.24.52

 

Juin 04

Réforme de l’Assemblée : une mobilisation historique des personnels contre la casse du statut

Ce vendredi 1er juin, la salle Colbert, ses antichambres et ses alentours n’étaient pas assez grands pour accueillir toutes celles et tous ceux qui étaient venus pour s’informer et surtout échanger sur le projet de réforme qui sera présenté au Bureau le 27 juin prochain.

Cette mobilisation de tous les personnels permanents, quelle que soit leur catégorie, qu’ils soient fonctionnaires ou contractuels, est historique. Et disons-le : s’il nous fallait nous compter, nous pourrions dire avec certitude et fierté que nous étions vraiment très nombreux.

Cette mobilisation sans précédent a un sens : toutes et tous, nous sommes conscients qu’un tournant majeur se prépare, qu’il n’est pas, cette fois, question que « tout change pour que rien ne change ».

En défendant notre statut, nous nous battons pour la qualité de la mission de service public que nous rendons, et nous avons raison, car c’est une mission de service public de rang constitutionnel. La casse de ce statut aura aussi pour conséquence inévitable la remise en cause des droits sociaux qui sont la contrepartie légitime de nos fortes contraintes de service.

Les dernières minutes de notre réunion sonnent pour nous comme un avertissement : travaillons efficacement tous ensemble pour ne pas manquer une occasion unique, celle d’une mobilisation qui a toutes les chances d’être victorieuse. Poursuivons, personnels et organisations, notre combat contre les conclusions du rapport des secrétaires généraux et pour le renforcement du statut.

 

 

Mai 29

Rappel au règlement de Monsieur le Président Chassaigne

 

 

Séance du 29/05/2018

Mai 29

Adresse aux députés relative à la réforme de leur fonction publique

À propos du rapport : « Quelle administration parlementaire en 2022 ? »

La fonction publique parlementaire est au service de tous les députés et, à travers eux, au service des Français qui les ont élus, quelles que soient leurs opinions politiques.

1 278 personnels permanents travaillent à l’Assemblée, dont 1 094 fonctionnaires, soit un ratio de 2,2 par député, contre 3 à la Chambre des communes et 4 au Bundestag. 7 027 personnels permanents sont employés du Parlement européen…

L’Assemblée vient de siéger tout le week-end ; elle devrait le faire de nouveau à plusieurs reprises durant le mois de juin. Ses fonctionnaires, quelle que soit la catégorie à laquelle ils appartiennent, étaient et seront présents pour permettre aux députés de débattre et de voter la loi, le jour, la nuit, sans récupération et dans des conditions totalement dérogatoires aux règles du droit du travail qui s’appliquent partout ailleurs. C’est ce qui justifie leur statut.

Les fonctionnaires ne sont pas recrutés au gré des fantaisies de tel ou tel. Ils sont recrutés après un concours auquel tout le monde peut se présenter. Les recrutements sont d’une rare transparence, avec un grand oral ouvert au public. Ils sont sans passe-droit, ni arrangement.

Les fonctionnaires parlementaires ne sont les obligés d’aucun lobby, ils ne sont prisonniers d’aucun intérêt. Ils n’ont pas d’ascenseur à renvoyer, pas de faveur à solliciter, pas tel ou tel à courtiser.

Ces fonctionnaires sont au service de tous les députés : d’une neutralité politique totale, ils travaillent pour la majorité parlementaire, mais ils sont également au service des groupes d’opposition et minoritaires et des députés qui n’appartiennent à aucun groupe. Ils participent à l’expression du pluralisme politique et au droit de l’opposition à exister dans le débat démocratique.

Ces fonctionnaires sont des fonctionnaires parlementaires, ils ne sont pas au service de l’exécutif ou du Gouvernement mais de l’Assemblée nationale, une Assemblée autonome, dans le respect de la séparation et de l’équilibre entre le législatif et l’exécutif. C’est à cette autonomie et à cet équilibre qu’ils concourent.

Le statut des fonctionnaires parlementaires fait l’objet de fake news complaisamment relayées : ces affabulations indignes participent d’une entreprise générale de décrédibilisation du pouvoir législatif et des députés et contribuent au regain d’antiparlementarisme constaté depuis le début de la législature.

C’est pourquoi les fonctionnaires parlementaires vont s’opposer avec détermination aux conclusions du rapport remis, à sa demande, au Président de l’Assemblée nationale qui propose, notamment, d’ouvrir les vannes du recrutement d’emplois précaires et de confier des pans entiers de l’activité de l’Assemblée nationale à des prestataires privés et d’entretenir la confusion avec le pouvoir exécutif.

Une Assemblée nationale forte et pluraliste ne peut se concevoir sans une fonction publique parlementaire indépendante et impartiale, dévouée à son service et garante de son autonomie.

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Mai 25

Non-amendable, non négociable : le rapport mérite le pilon !

C’est avec stupéfaction et consternation que le SPAN-CGT a pris connaissance du rapport sur les évolutions de la fonction publique de l’Assemblée nationale, demandé par le Président François de Rugy qui en avait déterminé les contours dans sa lettre de mission et qu’il a décidé de présenter aux membres du Bureau.

Exit les recrutements, alors que le rapport lui-même reconnait que les effectifs de fonctionnaires sont insuffisants pour répondre aux besoins ! Exit le concours, garantie de la neutralité des personnels ! Exit l’unité du statut, exit la solidarité intergénérationnelle, exit l’interdépendance des différents corps de l’administration indispensables au bon fonctionnement de notre institution ! Pour toutes et tous, contractuels comme fonctionnaires, ce sera le moins-disant social.

Ce rapport déconnecté des réalités ne mérite qu’une chose : le pilon ! Pour le SPAN‑CGT, tout projet s’en inspirant ne sera ni amendable, ni négociable. Fonctionnaires de l’Assemblée nationale, nous servons avec fierté et sens des responsabilités tous les députés. C’est la raison pour laquelle nous ne laisserons pas briser le statut qui garantit non seulement l’autonomie de l’Assemblée vis-à-vis de l’exécutif, mais aussi l’efficacité et la neutralité de sa fonction publique.

Le SPAN-CGT ne reculera devant aucune forme de mobilisation pour faire échouer cette lamentable initiative.

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