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Déclaration du SPAN-CGT sur le projet de loi immigration

Le 19 décembre 2023, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi immigration dans sa rédaction issue de la commission mixte paritaire.

Plusieurs dispositions de ce texte sont contraires aux principes de la CGT et aux valeurs de la République, inscrits dans la tradition universaliste de la Révolution française.

Comme l’ont écrit au Président de la République des responsables d’organisations de défense des droits, dont la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, il porte concrètement « atteinte à nombre de nos principes républicains, en matière d’inconditionnalité d’accès aux soins ou au logement, de respect de la dignité, de refus d’entériner des logiques de préférence nationale ».

Fermement attaché aux principes d’égalité et de fraternité entre tous les travailleurs, le Syndicat des personnels de l’Assemblée nationale SPAN-CGT partage pleinement l’analyse de sa confédération nationale.

Parce que c’est la solidarité qui permettra l’amélioration des droits de toutes et de tous, quelle que soit leur nationalité, le SPAN-CGT appelle le personnel de l’Assemblée nationale à s’associer aux mobilisations en cours dans le pays aux côtés de la CGT.

Vous trouverez, ci-joint, des éléments d’analyse et de positionnement de la CGT.

Le Bureau du SPAN-CGT

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Comité technique : OUI à la transposition de la prime « pouvoir d’achat », NON à la dévalorisation des concours

Lundi 20 novembre s’est tenu un comité technique avec pour ordre du jour trois mesures décidées par les Questeurs lors de leur réunion du 9 novembre.

Le SPAN-CGT a voté POUR la révision des modalités d’attribution de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH), CONTRE la réforme de la réglementation relative aux concours et POUR la transposition de la prime « pouvoir d’achat » au personnel de l’Assemblée nationale.

AEEH

Le SPAN-CGT a approuvé la nouvelle procédure, qui supprime une ancienne commission « maison » et bonifie une allocation « de droit commun » destinée à couvrir des surcoûts liés à l’éducation d’un enfant dont le taux d’incapacité est supérieur à 50 %. C’est un vrai progrès, notamment pour celles et ceux qui n’avaient pas saisi la commission interne : étant passés directement par une MDPH, ils ne bénéficiaient pas des prestations de l’Assemblée. Ils auront désormais droit à une bonification de leur allocation !

Néanmoins, il a été souligné que le montant de l’allocation, même bonifiée, demeure faible au regard des surcoûts engendrés par certains handicaps. Il faut dans les prochaines semaines agir en vue :

  • d’améliorer la couverture de frais liés à l’éducation au sens large des enfants en situation de handicap (équipements et fournitures adaptées, loisirs ou soutien scolaire spécifique, etc.), y compris lorsque le taux d’incapacité n’ouvre pas droit à l’AEEH (puisque dans ce cas, rien n’est prévu) ;
  • de mettre en place le congé de présence parentale existant ailleurs dans la fonction publique pour permettre aux parents d’être présents en tant que de besoin, en prévoyant une indemnité journalière suffisante pour compenser la perte de revenus et des aménagements de temps de travail.

Réforme des concours

Comme le rappelle régulièrement le SPAN-CGT, la pénurie d’effectifs conduit à une dégradation des conditions de travail et à de graves dysfonctionnements. Pour y mettre un terme, favoriser la mobilité interne et permettre l’intégration des collègues contractuels qui le souhaitent, le SPAN-CGT revendique l’organisation de concours à la hauteur des besoins.

Tandis que le calendrier de concours promis se fait attendre, le SPAN-CGT s’est néanmoins opposé à la réforme présentée, en ayant à l’esprit que le vote des syndicats est consultatif, et que son opposition n’allait donc ni empêcher, ni retarder le prochain concours d’administrateurs. Cette réforme dévalue les concours sans résoudre les difficultés de fond.

 Augmenter la liste complémentaire de 75 % à 200 % de la liste principale n’évitera pas que les candidats admis renoncent à leur concours, parfois avant même d’être entrés dans les cadres. À l’inverse, cela fait peser un risque accru sur ceux qui y figurent de ne jamais être intégrés dans le cadre extraordinaire. En outre, alors que nos concours se retrouvent en concurrence avec d’autres, se pose la question du niveau de sélection à la fin de la liste complémentaire si elle est trop importante.

De même, réduire la durée de l’entretien oral du concours d’administrateur (plus tard également celui d’administrateur-adjoint) et abaisser le niveau de représentation de l’administration lors de l’épreuve sont des non-sens. Après des épreuves écrites permettant de recruter d’excellents généralistes, l’oral est le moment décisif de la procédure de recrutement. C’est l’épreuve qui permet de s’assurer que les candidats auront le savoir-être requis pour travailler avec des députés, et où l’on recrute des « collègues », avec qui on aura plaisir à travailler, et qui, dans le cas des administrateurs, sauront aussi gérer des équipes. Or, c’est dans les dernières minutes que tout se joue le plus souvent : réduire la durée de l’entretien pénalise le jury dans son appréciation de la personnalité, la motivation et l’adaptation au poste du candidat, ce qui est préjudiciable quand on sait que cela engage l’Assemblée pour plusieurs décennies…

Pour répondre aux enjeux liés à l’évolution de l’Assemblée, il faut avant tout renforcer l’attractivité des corps de métier de l’Assemblée et organiser des concours plus réguliers, tous les ans lorsque la situation l’impose, comme c’est le cas actuellement. Cela évitera par ailleurs des tunnels d’oraux aux secrétaires généraux et directeurs généraux, rendant sans objet les deux mesures proposées concernant le concours d’administrateur. Sachant que le format actuel des épreuves dans leur ensemble tend à discriminer les femmes, les candidats issus des milieux populaires et ceux issus de filières universitaires, notamment de province, c’est en outre d’une réforme plus profonde des concours que le SPAN-CGT aurait aimé discuter.

Transposition de la « prime de pouvoir d’achat » à l’Assemblée

La transposition de cette prime a été une revendication forte de notre syndicat. Il est désormais urgent qu’elle puisse être versée. L’administration a indiqué, lors du comité technique, que le versement pourrait intervenir en janvier en raison de difficultés techniques, mais que l’objectif reste la paie de décembre.

Notre syndicat a néanmoins souligné que le montant de la prime est faible dans le contexte d’inflation actuel et que les autres revendications salariales ne sont, de surcroît, pas satisfaites.

S’agissant d’une prime qui concernera essentiellement les collègues contractuels, il a été souligné que la mesure prévoyant l’ajout de points d’indices au bas des grilles indiciaires à compter du 1er juillet ne leur a pas été transposée. L’administration a répondu que cela n’avait pas été possible pour des raisons techniques !

De même, le SPAN-CGT a demandé les modalités de la transposition aux contractuels de l’ajout de 5 points d’indice majoré à compter du 1er janvier 2024 aux fonctionnaires. Il a été répondu que le calcul se basera uniquement sur la valeur du point, hors primes. Il ne sera donc pas tenu compte de la structure des rémunérations des fonctionnaires, ce qui signifie que la transposition a été faite a minima !

Le SPAN-CGT a revendiqué (en vain) que la transposition de la mesure sur la « prime exceptionnelle de pouvoir d’achat » soit au moins adaptée au contexte de l’Assemblée :

  • pour permettre aux collègues contractuels embauchés dans le courant du mois de janvier de bénéficier aussi de la prime, le critère d’emploi au 1erjanvier doit être élargi à l’existence d’une rémunération en janvier ;
  • les mesures annoncées par le Gouvernement n’ayant pas toutes été transposées pour les contractuels, la prime doit être majorée.

Enfin, en conséquence des mesures salariales intervenues au bas des grilles, le SPAN-CGT a par ailleurs demandé une révision à la hausse de l’ensemble des grilles par souci de cohérence.

Plus de détails sur notre positionnement dans le tract joint, où vous pourrez également retrouver les revendications du SPAN-CGT.

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Journée d’action intersyndicale du 13 octobre pour les salaires et pour l’emploi !

Après le passage en force de la réforme des retraites, le pouvoir d’achat et l’augmentation des salaires, des pensions et des minima sociaux sont toujours les revendications prioritaires pour le monde du travail.

Face à l’urgence sociale, la CGT a formulé plus de 100 mesures immédiates, construites autour de 5 axes prioritaires :

  • les salaires dont la CGT demande l’indexation sur l’inflation, ainsi que la revalorisation du Smic à 2000 euros pour faire face à l’inflation et un conditionnement des aides publiques aux entreprises à un avis conforme du CSE ;
  • les retraites, et notamment la négociation des retraites complémentaires AGIRC-ARRCO, les départs anticipés pour pénibilité et l’aménagement des fins de carrières ;
  • la démocratie sociale dont les questions de libertés syndicales, les moyens alloués aux représentant·es du personnel pour revenir sur les « ordonnances Macron » ;
  • le chômage, avec la remise en cause des violentes réformes du Gouvernement qui ont drastiquement réduit les indemnités des privés d’emplois ;
  • l’égalité femmes/hommes pour garantir l’égalité salariale, la révision de l’index égalité et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles au travail.

Dans le cadre d’une mobilisation à l’échelle européenne, avec l’ensemble des confédérations syndicales nationales, dont celles auxquelles sont affiliés les trois syndicats de l’Assemblée nationale, la CGT appelle à la mobilisation le vendredi 13 octobre.

Le SPAN-CGT se joint à cet appel unitaire et invite les collègues à participer à la journée d’action et aux manifestations qui seront organisées partout en France.

C’est d’autant plus important que nous aurons aussi, à l’Assemblée, des luttes à mener prochainement pour obtenir des concours massifs, la révision du cadre d’emploi des contractuels, la mise en œuvre pour toutes et tous des mesures salariales annoncées en juillet par le Gouvernement et l’activation de la « clause de revoyure ».

RENDEZ-VOUS À LA MANIFESTATION PARISIENNE : 14 heures, trajet : place d’Italie – Invalides


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Lettre du SPAN-CGT au Collège des Questeurs : vers des actions revendicatives !

Madame la Première Questeure,

Messieurs les Questeurs,

Depuis l’automne dernier, nous avons eu l’occasion d’échanger avec vous à plusieurs reprises. L’esprit d’ouverture dont fait preuve votre Collège vous oblige.

Comme nous vous l’avons indiqué, les attentes sont extrêmement fortes, car la crise est profonde. Les séquelles des actions menées par vos prédécesseurs se font durement sentir.

Aussi, nous avons formulé, lors de la réunion de la Commission de concertation, des propositions concrètes pour répondre au mal-être du personnel, éviter que la pénurie de personnel ne s’aggrave et faire face à l’inflation.

La mise en place de groupes de travail décidée en juillet à la suite de la Commission de concertation ne permettra pas de répondre à ces défis tant l’urgence est maintenant grande.

Certes, les mesures générales telles que l’organisation de concours et la revalorisation du pouvoir d’achat ne nécessitent pas d’être prises durant la Commission de concertation.

Toutefois, compte tenu de l’écoute dont vous avez fait preuve, nous pensions que vous saisiriez l’échéance de la réunion de Questure du 19 juillet dernier pour apporter les réponses attendues.

Cela n’a pas été le cas. Nous le regrettons vivement. Nos collègues nous pressent d’agir.

C’est pourquoi nous tenons à vous informer qu’en l’absence d’évolution, nous appellerons à la mobilisation pour des recrutements massifs, la remise à plat du cadre d’emploi des contractuels, l’application des mesures salariales décidées par le Gouvernement et l’activation de la clause de revoyure, inscrite dans notre droit interne.

Nous vous prions d’agréer, Madame la Première Questeure, Messieurs les Questeurs, l’expression de nos salutations respectueuses.

Pour le Bureau du SPAN-CGT

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Suites de la commission de concertation : maintenant, il faut du concret !

La réunion de Questure faisant suite à la Commission de concertation de mai s’est tenue le 19 juillet dernier.

Une réponse complètement à côté de la plaque

Alors que tous les indicateurs de charge de travail sont au rouge, que les départs en retraite seront nombreux à moyen terme, que l’inflation demeure élevée, le Collège des Questeurs a décidé, en guise de réponse aux mesures urgentes revendiquées par les trois organisations syndicales, de mettre en place des groupes de travail autour des thèmes de l’attractivité de la fonction publique parlementaire et des droits syndicaux ([1]).

Pas de calendrier de concours, rien sur la clause de revoyure et les rémunérations, impasse sur la révision du cadre d’emploi du personnel contractuel…

Les deux thèmes choisis sont certes essentiels pour préparer l’avenir. Mais alors que notre maison brûle, les Questeurs regardent ailleurs !, pour paraphraser les mots forts d’un ancien Président de la République lors du IVème sommet de la Terre, en 2002…

Pourtant, les attentes sont extrêmement fortes. Notre syndicat l’a indiqué à plusieurs reprises au nouveau Collège des Questeurs et à la Présidente de l’Assemblée nationale depuis septembre dernier. Après un an de consultations diverses, le temps n’est plus aux diagnostics : il est à l’action !

Le temps est à l’action

Sans attendre la mise en place des groupes de travail, dont nous ne connaissons d’ailleurs pas encore le calendrier, le SPAN-CGT demande que soient décidées dans les plus brefs délais, pour répondre aux urgences liées à la pénurie d’effectifs, au mal-être du personnel et à la chute du pouvoir d’achat :

L’organisation de concours externes massifs dans tous les corps de fonctionnaires

Elle doit être assortie de l’organisation de concours internes et réservés pour favoriser la promotion interne et rendre possible l’intégration des collègues contractuels qui le souhaitent.

Mettre un terme à la contractualisation massive des emplois permanents et anticiper les très nombreux départs en retraite à venir est, sans aucun doute, la priorité des priorités. Le personnel ne doit pas servir de variable d’ajustement du budget !

L’ouverture d’une négociation avec les organisations syndicales pour remettre à plat le cadre d’emploi du personnel contractuel

Horaires de travail, primes, création d’un référentiel de rémunération adossé aux grilles indiciaires, formation, congés et récupérations… Ce cadre d’emploi n’en finit plus de montrer ses limites !

Aujourd’hui, les collègues contractuels ne bénéficient pas des garanties les plus élémentaires au regard du droit du travail et pour lutter contre les conséquences de la précarité (accès au logement ou au crédit par exemple).

Dans le prolongement de la pétition signée par plus du tiers des contractuels, le SPAN-CGT relaie une nouvelle fois la demande qu’une délégation soit reçue au plus vite par les autorités politiques.

La mise en œuvre des mesures salariales annoncées en juillet par le Gouvernement pour les fonctionnaires et leur transposition pour le personnel contractuel, en particulier :

  •  la revalorisation à 75 % du remboursement des abonnements de transport collectif et de l’allocation spéciale de transport pour les personnels handicapés, qui aurait dû être visible déjà sur la paie de septembre (décret n° 2023-812 du 21 août 2023). Le SPAN-CGT demande en outre une rétroactivité à compter de la date où cette mesure a été décidée par les Questeurs pour les collaborateurs parlementaires, soit novembre 2022.
  • le versement de la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat pour les revenus mensuels inférieurs à 3 250 € bruts, dont les critères ont été fixés fin juillet, et qui est attendue pour la paie d’octobre.

L’activation de la « clause de revoyure » prévue au troisième alinéa de l’article 1er de l’arrêté des Questeurs du 5 juillet 2016, qui a entériné la négociation sur la réforme des rémunérations voulue, à l’époque, par les autorités politiques, et que les organisations syndicales n’avaient pas demandée.

La revalorisation triennale des rémunérations prévue par cet accord aurait dû intervenir déjà en 2020. Elle n’a pas non plus eu lieu en 2023. Contraire à notre droit interne et à l’esprit de la négociation, la déconnexion entre rémunérations et activité parlementaire liée à l’absence d’application de cet arrêté est particulièrement injuste au moment où la charge de travail explose et où l’inflation reste très élevée.

Le non-respect de la parole donnée et tout particulièrement d’un accord conclu favorable au personnel ne peut que susciter de la défiance et nuire à la qualité du dialogue social pour l’avenir.

Ces  mesures sont urgentes. Après une législature de casse des droits du personnel et une longue année de statu quo, elles ne peuvent plus attendre ! Le SPAN-CGT exige des réponses et des décisions au plus vite.

Le SPAN-CGT organisera avec vous les actions revendicatives que l’évolution du contexte rendra nécessaires. Vous pouvez compter sur nous !

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([1]) Compte rendu tel que figurant dans Les nouvelles de la Questure, lien interne : https://weban.assemblee-nationale.fr/Les-nouvelles-de-la-Questure